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Régional : les épreuves démarrent sous haute surveillance technologique

Par EL BARHRASSI Meryem -le

Régional : les épreuves démarrent sous haute surveillance technologique
Le coup d’envoi des examens régionaux du baccalauréat a été donné ce lundi à travers le Royaume. Pour cette session 2026, le ministère de l’Éducation nationale déploie de nouveaux outils technologiques afin de renforcer la lutte contre la fraude et moderniser l’ensemble du processus d’évaluation.

Le baccalauréat marocain entre dans une nouvelle ère. Confronté à l’essor des outils numériques et à la multiplication des moyens de tricherie alimentés par les nouvelles technologies, le ministère de l’Éducation nationale a décidé de muscler son dispositif de contrôle à l’occasion de la session 2026.

 

Les épreuves de l’examen régional unifié ont ainsi démarré ce lundi sous une surveillance renforcée. Au cœur du dispositif figure une innovation technologique développée au Maroc, destinée à détecter les appareils électroniques et les signaux radio susceptibles d’être utilisés pour frauder.

 

Une technologie marocaine au service de l’intégrité des examens

 

Cette solution a été conçue par la start-up SensThings, issue de l’Université Mohammed VI Polytechnique. Baptisé « T3 Shield », l’appareil repose sur l’intelligence artificielle pour repérer les téléphones portables et autres équipements électroniques introduits dans les centres d’examen.

 

Portable et autonome, le système fonctionne sans connexion au cloud. Son poids ne dépasse pas trois kilogrammes et son autonomie atteint six heures, couvrant ainsi l’intégralité des épreuves. L’équipement intègre également des mécanismes de chiffrement destinés à sécuriser le traitement des données collectées.

 

Selon le ministère, cette deuxième génération du dispositif offre plusieurs modes d’utilisation. Elle permet notamment l’inspection des sacs et des bureaux, le balayage rapide des salles d’examen, le contrôle individuel des tables ainsi que la localisation précise de toute source de signal sans fil détectée dans une salle.

 

Une réponse à la sophistication des fraudes

 

Pour les responsables du secteur, l’enjeu est clair : préserver la crédibilité du baccalauréat face à des méthodes de fraude de plus en plus élaborées.

L’apparition d’applications d’intelligence artificielle capables de fournir instantanément des réponses a profondément modifié les défis liés à l’organisation des examens. Le ministère souhaite ainsi empêcher toute utilisation illicite d’outils numériques et limiter les risques de fuite des sujets.

 

Près de 2.000 appareils seront déployés à travers le Royaume, à raison d’un dispositif par centre d’examen. Une mesure qui intervient après plusieurs incidents signalés lors des sessions précédentes, marquées par la diffusion rapide de certains sujets sur internet.

 

L’intelligence artificielle s’invite aussi dans la correction

 

La modernisation engagée ne s’arrête pas aux salles d’examen. Le ministère prévoit également d’introduire l’intelligence artificielle dans le processus de correction des copies.

Cette expérimentation vise à renforcer l’équité entre les candidats, réduire les marges d’erreur et limiter les contestations liées aux résultats. Les copies continueront toutefois d’être corrigées par les enseignants, l’IA intervenant comme outil complémentaire de vérification et de contrôle.

 

Parallèlement, un nouveau système de numérisation et de traçabilité des copies a été mis en place. Grâce à des codes spécifiques, chaque copie pourra être suivie tout au long du processus, depuis sa collecte jusqu’à la publication des résultats.

 

Plus de 520.000 candidats concernés

 

L’organisation de cette session mobilise des moyens considérables. Quelque 26.000 salles d’examen ont été préparées à travers le Royaume, tandis que près de 150.000 cadres pédagogiques et administratifs sont mobilisés pour encadrer les différentes épreuves.

 

Cette année, 520.000 candidats se présentent aux examens du baccalauréat. Parmi eux figurent 420.000 élèves scolarisés, en hausse par rapport à l’an dernier, ainsi que près de 100.000 candidats libres.

 

Les épreuves nationales se dérouleront les 4, 5 et 6 juin. Les examens régionaux de rattrapage sont programmés les 29 et 30 juin, tandis que la session de rattrapage du baccalauréat est prévue les 2, 3 et 4 juillet.

 

À travers ce vaste chantier de modernisation, le ministère entend faire de la session 2026 un tournant dans la gestion des examens nationaux, en misant sur les technologies émergentes pour renforcer la transparence, l’équité et la fiabilité de l’évaluation scolaire.


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